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Une technique d’analyse de l’encre au secours des papyri carbonisés d’Herculanum

Nouvelle intéressante pour ceux qui peinent trop souvent sur des manuscrits quasi illisibles, aux lettres effacées presque impossibles à déchiffrer. Dans un court article publié début avril dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (vol. 113, no. 14, p. 3751-3754), une équipe de chercheurs français, belges et italiens remet en question l’idée reçue selon laquelle les encres dites « métalliques », par opposition aux encres à base de carbone, n’auraient été introduites et employées que tardivement dans le monde gréco-romain, à savoir à partir du quatrième siècle de notre ère.

Pour leur étude, les chercheurs se sont penchés sur deux échantillons provenant des papyri carbonisés par l’éruption du Vésuve en 79 de notre ère et mis au jour à la Villa dei Papiri d’Herculanum entre 1752 et 1754. Utilisant des techniques d’analyse non destructives, l’équipe a pu résoudre la composition chimique de l’encre et est arrivée à des conclusions inattendues. Une spectrométrie de fluorescence des rayons X (SFX) a en effet permis non seulement d’améliorer de manière considérable la lisibilité des lettres préservées dans les échantillons analysés, mais aussi d’établir que l’encre avait une concentration de plomb telle qu’on ne pouvait la mettre uniquement sur le compte d’une contamination externe (que ce soit de l’eau provenant des aqueducs romains ou encore d’un encrier en cuivre ou en bronze). Pour les chercheurs, cette haute concentration de plomb ne peut s’expliquer qu’en postulant que le métal fut ajouté intentionnellement à l’encre, ce qui du coup ferait remonter de quelques siècles l’introduction et l’emploi d’encres métalliques dans l’Antiquité gréco-romaine. Il faut toutefois, à notre avis, afficher un peu plus de retenu que les auteurs : il s’agit après tout d’une étude de cas et non d’une recherche ayant porté sur un large échantillon. Prudence, donc, avant de généraliser. Cette découverte influencera cependant sans aucun doute la manière dont les chercheurs aborderont les rouleaux de papyri carbonisés d’Herculanum qui n’ont toujours pas été déroulés.

Décès de James M. Robinson

C’est tout récemment que nous avons appris le décès, le 22 mars dernier, à l’âge de 92 ans, de James M. Robinson. Professeur de religions à Claremont Graduate University de Californie, James Robinson fut un acteur important de la diffusion des manuscrits gnostiques coptes découverts en 1945 près de Nag Hammadi, en Haute-Égypte. C’est en effet sous sa direction que fut réalisée, sous l’égide de l’UNESCO, la reproduction facsimilé – c’est-à-dire photographique – des treize codices de Nag Hammadi. Rappelons que James Robinson fut un ardent défenseur et promoteur non seulement de l’accessibilité à ces textes, mais aussi des grands projets internationaux consacrés à leur édition, leur traduction et leur étude, dont celui de la Bibliothèque copte de Nag Hammadi de l’Université Laval (Québec, Canada). Lui-même directeur du projet américain – la Coptic Gnostic Library –, notons que James Robinson s’est aussi distingué par ses travaux sur la source Q.

Bien que je ne l’aie rencontré qu’une seule fois (au colloque de Québec de 2003 sur l’Évangile selon Thomas et les textes de Nag Hammadi), j’ai eu la chance de collaborer avec lui sur un volume publié récemment, qui présente la correspondance échangée entre Jean Doresse et Henri-Charles Puech au cours des premières années suivant la découverte des manuscrits de Nag Hammadi (1947-1970). James Robinson était alors en possession des lettres envoyées par Henri-Charles Puech à Jean Doresse, alors que Michel Tardieu avait, de son côté, les lettres que  Doresse avaient adressées à Puech.

Toutes nos sympathies vont à ses proches.

2015 Society of Biblical Literature Annual Meeting (21-24 novembre, Atlanta)

Du 21 au 24 novembre 2015 aura lieu, à Atlanta, le Congrès annuel de la Society of Biblical Literature.
J’y présenterai une communication intitulée « The Biblical Citations of the Untitled Text of the Bruce Codex ». Je discuterai des nombreuses citations bibliques explicites trouvées dans cet écrit copte du quatrième siècle qui appartiendrait, selon la recherche, à un courant gnostique qui aurait pris ses distances vis-à-vis le christianisme.